Répertoire Québec Nature
Bryophytes en hiver, les arbres

Pour les amoureux des plantes, l'hiver peut paraître long. Que nous reste-t-il à contempler ou à identifier en cette saison si ce ne sont les conifères ou bien les rameaux de feuillus comme cette Viorne cassinoïde, cet Érable rouge ou ce Hêtre à grandes feuilles.

Rameaux en hiver

Beaupré, 2 mars 2014, rameaux de Viorne cassinoïde (Viburnum nudum var. cassinoides), Érable rouge (Acer rubrum) et Hêtre à grandes feuilles (Fagus grandifolia).

Par un matin du mois de mars 2014, j'ai fait une petite randonnée photo pour illustrer à quel point l'hiver regorge de vie végétale. Malheureusement, la plupart des gens passent à côté sans la voir. Voici donc une récolte, en images, de bryophytes sur les arbres. La randonnée s'est faite tout près du mont Sainte-Anne, une trentaine de kilomètres à l'est de la ville de Québec.

Mont Sainte-Anne

Mont Sainte-Anne

Les bryophytes ont colonisé la Terre bien avant l'arrivée des plantes vasculaires, ce sont les premières plantes terrestres. Les bryophytes ont vu passer les dinosaures... Et les ont vus mourir. Elles ont survécu à toutes les grandes extinctions. On peut diviser ces plantes en trois grands groupes :
  • les anthocérotes
  • les hépatiques
  • les mousses
Au Québec-Labrador, ce sont plus de 880 espèces qui forment les tapis verts que vous voyez dans nos sous-bois, sur les pierres et même sur les arbres. En effet, plusieurs espèces de bryophytes vivent sur l'écorce des arbres, morts ou vivants. Profitons de l'hiver pour y jeter un oeil.

Est-ce que ce sont tous les arbres qui "hébergent" des bryophytes? Disons qu'il n'y a pas de règle absolue, mais que la plupart de nos espèces d'arbres abritent des mousses et/ou des hépatiques, mais à divers degrés. En effet, si l'on cherche à voir des bryophytes, on s'apercevra rapidement que nos conifères à écorce écailleuse ne sont pas très accueillants : épinettes, pins, mélèze et pruche sont plutôt désertiques. Par contre, le Thuya occidental et surtout le Sapin baumier, sont des plus accueillants.

Chez les feuillus, c'est une autre histoire. Les Érables rouges et les Érables à sucres sont souvent bien garnis. Les très vieux Érables à épis aussi. Dans une moindre mesure on trouvera des bryophytes sur l'écorce ultra lisse de l'Érable de Pennsylvanie. Le Peuplier faux-tremble est souvent colonisé surtout par des mousses. Le Bouleau blanc et le Bouleau gris ne sont pas très accueillants, tout à fait le contraire du Bouleau jaune!

Et tout cela dépend de la forêt que vous visitez. Plus la forêt est humide, plus il y aura de bryophytes. Plus les arbres sont vieux, plus il y aura de bryophytes. Donc si la forêt que vous explorez se situe dans une vallée ou coule une rivière, vous aurez sûrement une plus grande variété et une plus grande abondance que ce que j'ai observé lors de cette randonnée. Mais je vous présente tout de même des sujets intéressants.

D'abord il faut savoir que les arbres présentent plus de bryophytes à la base du tronc. Les espèces croissant au sol montent sur le tronc, mais s'arrêtent justement à la hauteur du couvert de neige. C'est parce que cette neige est source d'humidité une bonne partie de l'année. Les espèces situées plus haut sur le tronc sont donc généralement différentes.




La première espèce que je vous présente est une hépatique commune au Québec : le Ptilidium pulcherrimum, ici installé très bas sur un Bouleau blanc.

Ptilidium pulcherrimum

L'hépatique Ptilidium pulcherrimum sur du Bouleau blanc (Betula papyrifera).

Le Ptilidium pulcherrimum possède de magnifiques petites feuilles pleines de doigts fins. Il pousse essentiellement sur le bois. Il existe une autre espèce de Ptilidium au Québec, mais elle préfère les rochers granitiques.

Le Bouleau jaune, comme je l'ai mentionné plus haut, est bien souvent mieux garni. On peut voir sur la photo suivante une espèce de mousse, bien verte malgré le froid de l'hiver; ses feuilles sont repliées, car elles sont desséchées. Personnellement, là où je me rince l'oeil, c'est quand je trouve ces petites feuilles rouges sur fond doré!

Bouleau jaune

Mousse et hépatique du genre Frullania sur Bouleau jaune (Betula alleghaniensis).

Ces rosettes d'un rouge très sombre sont formées par des hépatiques du genre Frullania. On compte sept espèces de Frullania au Québec, dont trois communes et quatre rares.

Le Thuya occidental accueille lui aussi les Frullania.

Thuya occidental

Hépatiques du genre Frullania sur Thuya occidental (Thuja occidentalis).

Tout comme le Sapin baumier d'ailleurs. En passant, le Sapin, qu'il soit mort ou vivant, est un arbre très intéressants pour les bryophytes, mais aussi et surtout pour les lichens crustacés, foliacés et en tête d'épingle qui s'y accrochent. La photo suivante montre une belle mosaïque de Frullania (en rouge), de mousses (en vert) et de lichens (taches blanches) sur un Sapin mort.

Sapin baumier

Lichens, mousses et hépatique du genre Frullania sur Sapin baumier (Abies balsamea).

Dans la forêt visitée, ce sont les érables qui remportent la palme. Pour les superbes motifs créés par les Frullania :

Érable

Hépatique du genre Frullania sur écorce d'érable.

Pour les mousses et leurs beaux sporophytes :

Ulota coarctata

La mousse Ulota coarctata.

Mousse

Une autre mousse non identifiée.
Pour ces autres mousses qui s'étalent tout en longueur :

Mousse


Ou encore pour cette autre hépatique commune : Radula complanata, dont les feuilles plus grosses que celles de Frullania sont d'un beau vert clair.

Radula complanata

L'hépatique Radula complanata.

Et pour terminer, parce que les érables hébergent aussi des lichens qui, entremêlés aux bryophytes, nous donnent de très belles images.

Lichens

Hépatique Frullania eboracensis mâle, mousses et lichens.

Lichens

Hépatique Frullania eboracensis mâle, mousses et lichens.


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