Répertoire Québec Nature
Des bryophytes en ville, première partie

Lorsque j'ai fait mon petit stage en bryologie à la fin de l'été 2011, les personnes ressources nous ont répété que les bryophytes poussaient souvent là où on ne s'y attend pas et qu'il y en a beaucoup plus qu'on ne le pense en pleine ville. L'ami qui a suivi ce stage en même temps que moi et qui vit en plein cour de la basse ville de Québec a tôt fait de me convaincre que c'était bien vrai.

Entre les fentes des trottoirs, sur les murets, sur les arbres, dans l'herbe et même sur les vieilles toitures de cabanons en bardeau d'asphalte; il m'a fait remarquer toutes sortes d'endroits où il a observé des mousses. Les hépatiques quant à elles, semblent plus rares en ville.

J'ai donc fait mes propres observations chez moi. Je vous propose une série de photos que j'ai prises sur et autour de la maison.

D'abord sur le terrain. D'un côté de la maison il y a du ciment au sol. Dans les fissures, les pissenlits et les fraisiers se sont implantés, mais aussi de belles petites mottes d'une mousse minuscule.



Puis, face au sud sur le terrain en pente à l'arrière de la maison, bien cachées à travers l'herbe sur la terre argileuse, au moins deux espèces de mousses. La première espèce est du genre Fissidens.

Mousse du genre Fissidens

Mousse du genre Fissidens.

Mousse du genre Fissidens

Mousse du genre Fissidens.

Ce genre est une exception chez les mousses et est facilement reconnaissable à ses rameaux aplatis qui ressemblent à de minuscules feuilles de palmier. Ça prendrait un examen minutieux au microscope pour déterminer l'espèce parmi les onze que compte le Québec-Labrador.

La deuxième espèce est d'un tout autre type. Plutôt rampante avec les sporophytes qui lui poussent « sur le dos ». Ce caractère est utile pour l'identification à l'aide de clés. On dira alors de cette mousse qu'elle est pleurocarpe, c'est-à-dire dont les sporophytes poussent latéralement sur une tige ou un rameau.


Au passage, une minuscule larve d'insecte prend la pose! Elle ne fait que quelques millimètres de longueur.


Du terrain, passons au toit de la maison. Sur le versant nord, plusieurs petites colonies de mousses se sont installées sur le bardeau d'asphalte.


Une de ces mousses possède des sporophytes dont les capsules sont placées au bout d'une soie très courte, si courte que le sporophyte reste enfoui dans le rameau. Remarquez que dans ce cas-ci, le sporophyte pousse au bout de la mousse et non pas latéralement. On dira alors de cette mousse qu'elle est acrocarpe.


Même les lichens peuvent pousser sur les toits!


Pour terminer voici quelques photos prises sur le toit du vieux garage. Il s'agit sans doute des mêmes espèces que sur le toit de la maison, mais j'y ai accès plus facilement pour les photos.



Celle-ci avec les pointes pâles des feuilles serait peut-être Hedwigia ciliata. Encore une fois, le microscope m'aiderait à en confirmer l'identité.




Là aussi, des lichens s'accrochent!



Et vous, y a-t-il des mousses là où vous habitez? Chez moi, il n'y a pas de vieux arbres sur le terrain, mais s'il y en a chez vous, vous avez des chances d'y découvrir des mousses. Alors allez-y, explorez!



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